Au deuxième trimestre 2024, l’économie de la zone euro a montré une légère résilience avec une croissance du PIB de 0,3 %, selon Eurostat. Cependant, cette performance reste fragile, car elle repose principalement sur les exportations, tandis que la consommation intérieure stagne. Cette situation inquiète les économistes, qui espéraient voir la consommation des ménages devenir le principal moteur de la croissance cette année.
Malgré une inflation en repli et une hausse des salaires, les ménages semblent hésitants à dépenser, augmentant ainsi leur épargne en prévision d’une possible dégradation économique. Cette prudence, bien que compréhensible, limite les perspectives de reprise économique pour le second semestre de 2024.
L’Espagne, moteur de la croissance européenne
L’Espagne se distingue par son dynamisme, affichant une croissance de 0,8 % au deuxième trimestre, soutenue par un secteur touristique solide et une consommation intérieure en hausse. Ce pays à lui seul représente un tiers de la croissance enregistrée dans la zone euro. La France a également enregistré une progression de 0,3 % grâce aux exportations et aux dépenses publiques. En revanche, l’Allemagne peine à retrouver sa vitalité économique, avec un recul de 0,1 % de son PIB, touchée par une baisse continue de sa production industrielle et une inflation persistante à 2,6 %.
Des perspectives assombries par des tensions internationales
Outre la baisse de la demande, les risques de nouvelles tensions commerciales inquiètent les entreprises européennes. Un possible retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis et son intention de mener une politique protectionniste pourraient affecter les exportations de la zone euro. Selon Jan Hatzius, chef économiste de Goldman Sachs, les hausses de droits de douane envisagées par l’administration Trump pourraient faire perdre jusqu’à un point de PIB à la zone euro dès la première année.
Les prévisions de croissance pour 2025, initialement fixées à 1,5 % par le Fonds monétaire international, risquent donc d’être revues à la baisse si ces obstacles perdurent. En l’absence de relance significative de la consommation intérieure et face à une demande extérieure affaiblie, la zone euro pourrait traverser une période d’incertitude économique durable.